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"La
Belle est Venue"

Épouse d'Akhenaton
avant que celui-ci ne devienne roi, elle est célèbre
surtout pour sa beauté, immortalisée dans
les splendides bustes du Caire et de Berlin, oeuvres
du sculpteur Djéhoutymès. 0n ne sait pas
grandchose de ses origines. On pense que sa nourrice
et préceptrice Tiye ainsi que son époux
Ay (qui, ensuite, devint pharaon) furent, en fait, ses
parents. La chose n'est pas tout à fait sûre,
mais elle est possible. D'ailleurs, en Égypte
ancienne, il était fréquent que les parents
des personnages royaux dont l'origine était éloignée
de la famille régnante n'évoquent pas
la parenté. L'essence divine était transmise
à l'épouse royale et transgressait les
liens du sang. À sa naissance, Néfertiti
portait un autre nom que nous ignorons. Quant à
l'hypothèse selon laquelle Néfertiti était
une princesse du Mitanni, elle semble, aujourd'hui,
définitivement abandonnée. Elle fut, en
fait, la souveraine le plus souvent placée sur
le même plan que le pharaon.
On estime qu'elle
exerça une influence considérable afin
d'encourager le culte d'Aton et la philosophie atonienne
de son mari. Elle est en effet représentée
sur les monuments aux côtés de son époux
à l'occasion de toutes les cérémonies
officielles. Une représentation la dépeint
- chose exceptionnelle - en train de massacrer des ennemis,
dans une iconographie généralement réservée
au souverain. À Karnak, une allée bordée
de sphinx faisait se succéder la tête du
roi et celle de Néfertiti. Les scènes
de sa vie privée sont, elles aussi, exceptionnelles
et sont caractéristiques de l'art amarnien. Différents
aspects de sa vie à la cour sont représentés
: sur un char aux côtés de son époux
qui l'embrasse affectueusement, à la «fenêtre
des apparitions», en train de se montrer à
la foule et de récompenser les méritants,
ou encore dans son intimité, en compagnie du
mari et de ses filles, ou lors d'un repas avec Tiye,
sa belle-mère.
La reine donna sept
filles à Akhenaton. L'hypothèse selon
laquelle les deux dernières étaient celles
d'un amant (peut-être le sculpteur royal Djéhoutymès)
n'est pas impossible, mais relève plutôt
du domaine des «archéo-commérages».
La reine fut un personnage influent et de premier plan
jusqu'à l'an XII du règne, date à
laquelle elle disparut de la scène publique.
Les nombreux objets portant le nom de Néfertiti
retrouvés dans le «Palais Nord» (en
réalité, il s'agissait probablement de
l'opet royal) font penser à un retrait de la
vie publique pour des raisons privées, comme
les morts successives de certaines de ses filles. L'incertitude
plane aussi en ce qui concerne sa sépulture :
on sait que la tombe de la reine était une aile
de celle du roi, dans le fameux «Wadi Royal»
d'Amarna, mais on ne sait pas si la reine y reposa,
car la tombe fut retrouvée saccagée. Cependant,
l'hypothèse la plus plausible est celle selon
laquelle Akhenaton reposait à Amarna et qu'à
la mort de Néfertiti, son corps fut disposé
à côté de celui de son époux.
On ignore également si les dépouilles
ont été détruites lors de la profanation
ou si elles ont été transférées
à Thèbes lorsqu'Amarna fut abandonnée.
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