Sésostris Ier

(-1962--1928) est le fils aîné du fondateur de la XIIe dynastie, Amenemhat Ier (1991-1962 av. J.-C.). Pour faciliter sa succession et consolider sa dynastie, Amenemhat Ier l'associe au trône en l'an 20 de son règne et lui confie la conduite des opérations militaires contre les turbulents voisins de l'Egypt.Prince co-régnant, Sésostris est d'abord chargé par son père d'établir sur la Nubie l'autorité égyptienne, restée précaire malgré les efforts des derniers rois de la XIe dynastie. Les deux expéditions qu'il y mène atteignent Semna, dans la région de la deuxième cataracte. Sésostris se trouve en Libye, où il dirige une campagne contre des opposants politiques (partisans d'héritiers de la XIe dynastie ?), lorsque son père est assassiné par une coterie de comploteurs du palais.

Le nouveau pharaon semble réussir à s'imposer sans grands heurts malgré les circonstances dramatiques de son accession au trône. De fait, ses trente-quatre années de règne sont une époque de paix intérieure, de prospérité retrouvée et d'intense activité monumentale. On a recensé trente-cinq sites où Sésostris Ier a construit, témoignage des ressources nouvelles, et de l'activité fiévreuse qui règne alors en Egypte. Le pays est définitivement sorti des temps troublés de la Première Période intermédiaire. D'ailleurs, le souci majeur de Sésostris Ier, en politique intérieure, semble être de ne pas laisser les grands dignitaires locaux et les hauts fonctionnaires prendre trop d'importance en face de l'État. C'est ainsi qu'il divise la charge de vizir en plusieurs fonctions et surveille attentivement les nomarques, pour éviter le retour au délitement et à l'anarchie qu'a connus l'Egypte quelques générations précédentes.La grande œuvre extérieure de Sésostris Ier est la pacification de la Basse-Nubie, qu'il a entamée sous son père. Il porte la domination égyptienne sur la 3e cataracte du Nil et établit une forteresse à Bouhen, en avant de la 2e cataracte, pour surveiller la région. En Orient, il encourage la reprise des relations commerciales avec les villes phéniciennes de Byblos et d'Ougarit, qui s'étaient taries à la fin de l'Ancien Empire. La renaissance égyptienne du Moyen Empire qu'illustre le règne de Sésostris Ier concerne aussi le domaine littéraire. « Le conte de Sinoué », rédigé sous son règne, s'inspire librement des événements survenus lors de l'assassinat d'Amenemhat Ier. Il met en scène un fonctionnaire de Sésostris, Sinoué, qui s'enfuit d'Egypte pour des raisons obscures après l'annonce du meurtre du pharaon. Après maintes tribulations qui le mènent jusqu'en Palestine, où il devient chef d'une tribu bédouine, Sinoué finit par rentrer au pays avec le pardon de Sésostris. Apologie du loyalisme d'un serviteur du roi, cette œuvre littéraire restera un grand classique de la littérature égyptienne.Il érige comme son père une pyramide à Licht et associe son fils au pouvoir par une cogérence.