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Les
sagesses forment le début de la production littéraire
en Égypte. Il s'agit d'instructions d'un maître à son
élève, ou d'un père à son fils, lesquelles, depuis l'Ancien
Empire jusqu'à la Basse
Époque, ont constamment été gratifiés de noms de rois
ou de haut fonctionnaires.
Si
l'art égyptien est anonyme, la litérature, quand il s'agit
de sagesse débute par le nom de l'auteur. L'écrivain se
met en avant, et le lecteur sait tout de suite qui lui
parle. Ces sagesses servent à la formation générale dans
les écoles et, pour cette raison, nous sont souvent parvenues
en plusieurs exemplaires, principalement dans des copies
tardives d'écoliers sur papyrus et ostracas. Le but principal
de ces textes est de fournir, pour chaque situation de
la vie, la possibilité de se conformer aux coutumes et
aux bons usages établis. Dans l'optique de la philosophie
égyptienne de la vie, cela correspond à la connaissance
de Maât. Par des conseils appropriés,
les sagesses tentent de résoudre dans le respect de Maât
les conflits qui perturbent les relations sociales. Dans
l'Ancien Empire, monde stable, encore intact et marqué
par la volonté divine, les instructions se limitent à
des règles de courtoisie et de bienséance.
Après l'effondrement de l'Ancien Empire, elles glorifient
le fonctionnaire dans son rôle de soutien de l'état et
propagent l'idéal de fidélité au roi, cependant que deux
enseignements rédigés par des souverains mettent aussi
en évidence l'aspect humain des gouvernants.
Les sagesses du Nouvel
Empire et de la Basse Époque mettent l'accent sur
les relations de l'homme à dieu.

Elles
mettent en garde contre la transgression des prescriptions
culturelles et insistent sur la valeur de la piété personnelle,
ainsi que sur le fait que la destinée individuelle dépend
de la volonté divine. Les sagesses respectent des règles
formelles rigoureuses. L'introduction donne le nom de
l'auteur, parfois aussi les motifs de son instruction.
Dans les textes tardifs, les maximes sont séparées les
unes des autres par des titres. Imhotep et Djedefhor passent
dans la tradition pour être les auteurs des plus anciennes
sagesses. Seuls quelques fragments des instructions de
Djedefhor nous sont connues, par un manuscrit scolaire
plus récent.
*
Enseignement de Djedefhor, IVè dynastie.
Ce
prince insiste sur la nécessité d'un équipement funéraire
et sur l'obligation qu'a le fils d'assurer le service
des défunts.
* Enseignement de Ptahhotep, Vè dynastie.
Ptahhotep,
maire et vizir sous le roi Isesi, se plaint au début de
son enseignement des incommodités de son âge, et réclame
du roi la permission de pouvoir éduquer un élève, comme
« bâton » de ses vieux jours. Pendant trente-sept chapitres,
dont la première ligne est chaque fois en rouge, il prodigue
alors à cet élève ses instructions.
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